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CONTEXTE

AUTUN

13 157 habitants

Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire (sous-préfecture) en région Bourgogne-Franche-Comté, située au bord du massif boisé du Morvan.
 Fondée par les Romains autour de l’an 0, la ville s’appelle Augustodunum, elle est la capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, elle a alors un poids économique important. De nombreux vestiges de cette période sont encore visibles (théâtre romain, remparts, etc.). Dès l’Antiquité, Autun devient un centre religieux chrétien avec son Evêché et sa cathédrale. Jusqu’à la fin du 15e siècle, c’est une cité prospère et une ville culturelle influente, en dépit des pillages et des invasions. Son enclavement géographique et la concurrence croissante de Dijon, de Chalon-sur-Saône et plus tard du Creusot ont contribué à son déclin au cours des siècles suivants. Après la Révolution française de 1789 et la fin de la royauté, elle devient sous-préfecture de Saône-et-Loire. La langue de la république française est le français. A partir de 1850, les autres langues sont interdites à l’école, alors que la majorité des habitants ne parle pas français (langue régionale le bourguignon-morvandiau). L’école est ouverte à tous les enfants et devient obligatoire en 1882, elle instruit les enfants dans une culture française et universaliste et gomme toute appartenance culturelle, selon les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. A côté de l’histoire des élites, il est intéressant de se pencher sur le sort des pauvres dans l’histoire sociale de la ville. On peut noter le profil des prisonniers jugés et enfermés à Autun durant le 19e siècle : beaucoup de pauvres enfermés pour des petits larcins liés à la nécessité de se nourrir, des « nomades », des étrangers, des grévistes, des révolutionnaires et quelques criminels. Difficilement convertie dans l’industrie au 19e siècle, Autun favorise l’ouverture des mines des Tellots (schiste bitumineux) et d’autre mines dans les environs (fluorine). Une population ouvrière s’installe alors. Autun a connu au 20e siècle un regain de dynamisme qui en a fait le siège de plusieurs entreprises nationales (Dim, Nexans) et de l’un des six lycées militaires français. La fin de l’Empire colonial français entraine un bouleversement administratif et culturel en France, l’opinion publique développe un regain de nationalisme impérialiste qui entraine des affrontements politiques violents contre des minorités. On peut noter l’arrivée à Autun de groupes d’hommes Français d’Algérie à partir des années 1960, selon la politique migratoire de demande de main d’œuvre promue par la France (camps de Harkis, baraquement pour les travailleurs algériens, etc.), et aussi l’instruction au lycée militaire d’Autun de jeunes Africains de l’ouest promis à des grandes carrières politiques. En 1975, la population atteint 21 000 habitants et la ville favorise l’accueil d’étrangers pour occuper des emplois en usine (mines, fonderie, textile, scierie, etc.) pas assez pourvus. Les migrants (italiens, portugais, algériens, tunisiens, etc.) s’installent avec leurs familles. La filière bois se développe, Autun devient ville du meuble et les entreprises d’exploitation forestière embauchent de nombreux ouvriers agricoles (Naudet). Là encore les emplois les plus pénibles sont plutôt pourvus par des étrangers (italiens puis turcs puis bulgares). Depuis les années 1990, des crises économiques successives entrainent la fermeture de beaucoup d’usines et le départ de nombreux habitants. La ville conserve de son passé antique et médiéval un riche patrimoine qui en fait par ailleurs un important site touristique au cœur de la Bourgogne.

 

PECHTERA

20 954 habitants

Pechtera, translittération internationale Peštera, « la grotte », est une ville de Bulgarie. Elle est située à 450 m d’altitude, à la limite entre la plaine supérieure de Thrace et le massif boisé des Rhodopes occidentales, à 125 km au sud-est de Sofia, 40 km au sud-ouest de Plovdiv, 20 km au sud de Pazardžik et 15 km au nord de Batak.
 Des vestiges de fortifications, de ponts et de routes ont été trouvés aux environs de Peštera, ainsi que de nombreux objets datant de l’époque thrace. On suppose que le site a été colonisé dès le 4e siècle av. J.C. Mais l’historiographie subit de forte pressions politiques en Bulgarie, et les interprétations divergent en fonction des régimes en place. La période ottomane a par exemple été quasiment effacée de cette histoire, tout comme l’apport culturel des invasions et des migrations. La Bulgarie connut en effet, de 1396 à 1878, cinq siècles de domination ottomane. C’est une période de colonisation et d’islamisation. Les Bulgares chrétiens devaient payer une taxe et n’étaient pas juridiquement égaux avec les musulmans ottomans, ce pourquoi la population s’est massivement convertie. Cette période explique la présence, encore aujourd’hui, de turcophones et/ou musulmans en Bulgarie. Le multiculturalisme et le plurilinguisme est un autre héritage de cette période. La religion a eu un poids déterminant dans la construction des identités. À l’époque de la Renaissance bulgare (1750-1878), l’artisanat et la construction connurent un important essor à Pechtera comme dans toute la Bulgarie. Une résistance chrétienne s’organise depuis les monastères des montagnes contre la domination ottomane. Les monuments les plus importants de cette époque sont à Pechtera les églises Sveta Petka (1710), Sveti Dimităr (1825) et Sveta Bogorodica (Notre-Dame) (1864), la première école de la ville (construite en 1848), la tour de l’horloge (construite entre 1650 et 1710) et d’autres encore. Peštera compte, selon les autorités actuelles, une quarantaine de monuments historiques d’importance régionale, ainsi qu’un musée historique. Peu d’informations concernant la ville de Pechtera pendant la principauté et le royaume de Bulgarie (1878-1946) ni pendant la période communiste (1946-1989). On peut noter, en même temps que la naissance d’un état balkanique au nationalisme virulent, le début de la ségrégation des groupes turcophones et des minorités culturelles dans des quartiers pauvres, ainsi que la bulgarisation forcée des patronymes et l’interdiction de parler une autre langue que le bulgare. On peut noter également une politique d’instruction obligatoire et de lutte pour l’alphabétisation des plus pauvres. L’école est obligatoire pour tous les enfants, et les instituteurs communistes doivent aller les chercher chez eux s’ils ne viennent pas. La fin du communisme se traduit en Bulgarie par une période de transition politique vers une république démocratique dont les premières années sont marquées par une profonde transformation socio-économique et par la crise. A Pechtera, la fermeture des usines et la disparition des services de protection sociale mis en place par l’état communiste datent de cette période. On observe une radicalisation du nationalisme dans l’opinion publique contre certains groupes culturels. L’entrée dans l’Europe en 2007 est conditionnée par l’amélioration des conditions de vie des minorités. Cela permet à la population la plus pauvre et se retrouvant sans ressource, d’émigrer massivement dans un pays européen plus riche.

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